10 octobre 2009
Si j’étais immigrante -France Bonneau
Gianni Candido
Si j’étais immigrante
Si j’étais immigrante
J’aurais pour parler le langage des mots utiles, des "bonjour, comment ça va ?"
Je voudrais dire mais ne dirais rien. La tête haute, je m’en irais vers ma maison,
vers mon îlot de ville. Près des miens, je serais bien. Près d’eux, pas besoin de rien.
Pas besoin de serrer les poings, ...voyez, comme en ce moment.
Si j’étais immigrante, les miens à dire vrai, ne me suffiraient pas.
Je voudrais abolir. La petite vie à la petite semaine, le petit salaire,
la petite peur. Abolir, les yeux baissés, la soumission, l’étroitesse des balcons.
Si j’étais immigrante, je claquerais des dents et je hurlerais, là, sur-le-champ.
Rien ne sortirait, ...voyez, comme en ce moment.
Personne ne m’a pourtant dit de me taire.
Mais quand on vient d’ailleurs, on se ferme simplement.
La tradition est millénaire. On enterre sa gueule sous les boniments.
On fait comme il se doit. Naturellement.
Si j’étais immigrante
Je maudirais le conflit qui s’abat en moi.
Suis-je d’ici, d’ailleurs ou de nulle part ?
Ai-je mon mot à dire ?
À quoi servent les présidents ? Le droit de vote, l’internet et la télévision ?
Si j’étais immigrante, je n’aurais pas le verbe hurlant.
Mais sans crier gare, j’avancerais,
J’avancerais quand même.
Bon sang, mauvais sang !
Voyez, comme en ce moment !
05 octobre 2009
J'aime les gens qui doutent.A Sylvestre
J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps
Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".
03 octobre 2009
La Solitude - Muriel Robin - Pierre Palmade - 1989
Merci de prendre le temps de lire ce monologue......
La Solitude - Muriel Robin - Pierre Palmade - 1989
Ça, c'est sûr : quand on est tout seul, on est peinard. C'est peut être même le seul avantage d'ailleurs, parce que sinon… qu'est ce qu'on se fait chier, oui ! Moi, je vois, si je suis seule - à compter que je sois seule - j'ai compté : je suis seule - et bien si je suis seule, c'est un choix. Ah oui, on ne peut pas imposer ça à quelqu’un. Moi, on m'aurait dit : “tu vas vivre seule toute ta vie”, je demande tout de suite où est le gaz. Enfin, là, c'est pas le cas, moi, j'ai choisi la solitude.Et quand je dis que j'ai choisi la solitude, je pourrais aussi bien dire que j'ai choisi la liberté… de choix… d'être seule ! Je fais comme je veux, je ne demande rien à personne. Et ? Personne ne me demande rien ? C'est pas faux non plus…Non, mais enfin, je préfère vivre seule que mal accompagnée, voilà… Comment? Bien accompagnée ? Oui, c'est autre chose… Mais franchement, si c'est pour sortir, rencontrer des gens qu’on ne connaît même pas, moi je préfère rester chez moi, devant ma télé, personne pour me dire “la 2″, “la 3″, “le foot”… De toutes façons, on se disputerait pas : je la regarde jamais la télévision, alors.J'aime pas ça. En revanche, j'aime bien écouter la radio… Et j'aime bien écouter la radio devant un petit plateau télé… beaucoup moins intéressant dans l'autre sens : je ne regarderais pas la télé devant un petit plateau radio, vous voyez !Non, et puis, être seul ou à deux, c'est pareil, ça ne change pas les choses, ça n'a pas de rapport, comment vous dire?… Un truc qui est beau, il est beau. C'est vrai, on ne regarde pas avec les yeux de l'autre. Moi, je vois, hier, je suis allée voir une exposition, toute seule, comme une grande, bon,…. Ben qu'est ce que je me suis fait chier. J'ai peut être pas pris le bon exemple !!! Bon, mais vivre seule, y a quand même des avantages. Lesquels ?… A deux aussi, y a des inconvénients ! Moi quoi qu'il en soit, je ne cours pas après la sexualité… Elle me le rend bien, faut dire ce qui est ! Non, mais c'est vrai, c'est pas mon truc ; chacun son truc, c'est pas mon truc. Je vais quand même pas me forcer… Non, moi, je mets mon énergie ailleurs : je fais du vélo camping. Et puis c'est très très sympa toute seule. L'été dernier, je m'étais fait un joli parcours :je suis passé par Vittel, puis j'ai fait une grande boucle, et je suis remonté par Mante, c'est ça, vittel-menthe, et vous qu'est ce que vous prenez ? Je plaisante… Ah, ça pour la rigolade, je suis pas la dernière… je suis pas dans le peloton de tête non plus, mais je suis pas la dernière. J'aime bien tout ce qui est comique… dans le sens humoristique. J'aime bien tout ce qui est blague, charade, rébus, calembours, même les puzzles, j'adore ça ! Je voudrais revenir sur une chose : quand je dis que je vis seule, ça ne veut pas dire que je ne vois personne. Ah, non, j'ai des amis, j'ai des amis… au bureau. Et puis c'est très très sympa. Je vois, hier Yvonne n'avait plus de papier, elle est venue m'en demander, je l'ai dépanné, c'était TRÈS sympa ! Mais en revanche, je ne les vois pas à l'extérieur, on ne se voit pas et je préfère. J'aime bien. J'aime bien parce qu'ils ont un vrai respect pour ma vie privée : ils me téléphonent jamais, ils me disent jamais quand ils sortent, bon je le sais toujours parce que le lendemain ils en parlent au bureau, mais vraiment ils respectent ma vie privée et j'aime ça. Oui, j'ai une vie privée… privée de tout, c'est vrai, mais privée quand même ! En ce moment, on rigole au bureau : c'est le jeu des surnoms. Ça n'arrête pas. Jean-Claude, c'est le distrait, il est toujours distrait ; Jacqueline, c'est la jacasse, elle parle, elle saoule tout le monde ; Y a “nez rouge” qui a toujours le nez rouge; et moi, comment ils m'ont appelée déjà… ah oui ! “Tronche de cake” ! Je sais pas où ils vont chercher tout ça, mais qu'est ce qu'on s'amuse!… Non, et puis,moi, je ne suis pas vraiment seule : j'ai maman. On se voit beaucoup avec maman. Cette année, je vais refaire mon anniversaire avec elle… enfin, j'espère,parce que l'année dernière on devait le faire ensemble, et pcore… J'arrive chez elle, elle avait tout préparé, les petits plats dans les grands, ça se présentait merveilleusement bien. Il faisait très chaud dans la maison, j'ouvre la fenêtre pour aérer. Y a un terrain de sport juste en dessous. Les gamins qui jouaient, l'amicale, je sais pas quoi, j'ai passé la tête à un moment, je me suis pris le ballon en pleine poire ! J'ai le nez qui a carrément éclaté, le menton accroché à la rambarde : une patate pendant trois semaines.Sa s'est mal goupillé, vraiment. Cette année, on crèvera tous sur place s'il faut,mais avant que j'ouvre la fenêtre, ils peuvent attendre. Ah, non, j'étais défigurée, j'avais bien besoin de ça…Pourquoi je vous dis ça ? Les anniversaires ! C'est vrai, y a les Noëls aussi. Ma mère, les Noëls, elle les fait pas. Elle dit que ça coûte trop cher. C'est vrai que ce n’est pas donné, mais on n'est pas obligé de manger du caviar non plus… Moi, je vois, l'année dernière, je m'étais fait une petite côte de porc, avec beaucoup de jus, j'adore ça. En légume, qu'est ce que j'avais mis ? Ah oui, du chou fleur, et en dessert, la bûche ! Une petite tranche de bûche pour la tronche de cake ! C'est vrai, ce qui compte pour Noël, c'est la bûche… La dinde ? La dinde d'accord, mais moi toute seule, je peux pas me la descendre ! Si c'est pour être malade, c'est pas la peine ! Moi, je dis “Noël, faut que ça reste une fête !” J'ai une manie, tous les ans depuis très longtemps, j'enlève toujours le petit père noël, la petite hache, les petits trucs en plastique qui sont dessus, je grave l'année avec un couteau, je les range, et après dans l'année, quand je les ressors, je me rappelle… C'est chouette, hein ? J'ai regardé, cette année, Noël, ça tombe un mercredi. Mercredi, c'est bien, comme ça, y a pas de pont. La toussaint, elle tombe quand elle veut, de toutes façons, on s'en fou, y a pas de cadeaux ! Je dis ça parce que j'aime ça, les cadeaux. L'année dernière, comme j'adore la musique classique, je me suis offert l'intégrale de Cleyderman… Et puis alors des disques !… je m'y attendais pas du tout !On n'a pas sonné ? Ah, non, c'est au dessus ! Je crois toujours que c'est chez moi ; c'est ridicule : j'ai pas de sonnerie. Ben, non, j'en ai pas mis, j'en ai pas l'usage : je vais quand même pas sonner pour rentrer chez moi ! Au dessus,c'est une femme, comme moi. Elle vit seule, comme moi. Elle a l'air d'être très heureuse… »FIN.
02 octobre 2009
Spinoza-philosophe hollandais XVII S.
En ce qui concerne le bon et le mauvais, ils ne manifestent non plus rien de positif dans les choses, du moins considérées en elles-mêmes, et ne sont que des modes de penser, c'est-à-dire des notions que nous formons parce que nous comparons les choses entre elles. En effet, une seule et même chose peut être, dans le même temps, bonne et mauvaise, et aussi indifférente. Par exemple, la musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour qui éprouve de la peine; mais pour le sourd, elle n'est ni bonne ni mauvaise. |
Citation / poème n° 1040 : Baruch Spinoza, (Amsterdam, 1632 — La Haye, 1677)., Philosophe hollandais, Philosophie
|
14 septembre 2009
Le coach
Hier matin ça allait pas fort! Impossible de rien faire, angoisse et panique! BsD m'a sacrément remonté le morale. On a fait le contrat de travail, elle m'a montré comment faire une D.U.E, m'a fait du rangement ect...bref on a été se faire un bon petit resto, après une ballade , puis un cinoche pour rire et on a rit! une bonne petite comédie à la française du style dîner de con! Après apéro , dîner et téloche à la maison.
EN BREF Chêne
est un coach renommé qui accumule les succès professionnels. Mais c'est
aussi un joueur invétéré qui a des dettes colossales. A bout de
patience, sa femme le quitte.
Pris à la gorge par ses créanciers, Chêne accepte un contrat qui peut
le sauver : coacher à son insu Marmignon, un directeur très singulier
qui semble être le pire coaché imaginable.
11 septembre 2009
Mes emmerdes Aznavour
J'ai travaillé
Des années
Sans répit
Jour et nuit
Pour réussir
Pour gravir
Les sommets
En oubliant
Souvent dans
Ma course contre le temps
Mes amis, mes amours, mes emmerdes
A corps perdu
J'ai couru
Assoiffé
Obstiné
Vers l'horizon
L'illusion
Vers l'abstrait
En sacrifiant
C'est navrant
Je m'en accuse à présent
Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Mes amis c'était tout en partage
Mes amours faisaient très bien l'amour
Mes emmerdes étaient ceux de notre âge
Où l'argent c'est dommage
Eperonnait nos jours
Pour etre fier
Je suis fier
Entre nous
Je l'avoue
J'ai fait ma vie
Mais il y a un mais
Je donnerais
Ce que j'ai
Pour retrouver, je l'admets
Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Mes relations - Ah! mes relations
Sont - Vraiment sont
Haut placées - Très haut placées
Décorées - Très décorées
Influents - Très influents
Bedonnants - Très bedonnants
Des gens bien - Très très bien
Ils sont sérieux - Trop sérieux
Mais près d'eux - Tout près d'eux
J'ai toujours le regret de
Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Mes amis étaient plein d'insouciance
Mes amours avaient le corps brûlant
Mes emmerdes aujourd'hui quand j'y pense
Avaient peu d'importance
Et c'était le bon temps
Les canulars
Les pétards
Les folies
Les orgies
Le jour du bac
Le cognac
Les refrains
Tout ce qui fait
Je le sais
Que je n'oublierai jamais
Mes amis, mes amours, mes emmerdes
J'aimerai juste 5mn oublier les emmerdes
02 août 2009
L’opéra des girafes -Jacques Prévert
L’opéra des girafes
Opéra triste en plusieurs tableaux
| Comme les girafes sont muettes, la chanson reste enfermée dans leur tête. C'est en regardant très attentivement les girafes dans les yeux qu’ on peut voir si elles chantent faux ou si elles chantent vrai. PREMIER TABLEAU Choeur des girafes Refrain : "Il y avait une fois des girafes Couplet : "Les grandes girafes sont muettes DEUXIEME TABLEAU Place de la Muette (à Paris) Le vieux vieillard de la chanson traverse la place en faisant des moulinets avec sa canne. Le vieux vieillard (il chante) : Soudain un autre vieillard vient à sa rencontre et comme il connaît le premier et que le premier le connaît également, ils s'arrêtent en face l'un de l'autre, enlèvent leur chapeau de dessus leur tête, le remettent, toussent un peu et se demandent comment ça va, répondent que ça va bien, comme ci, comme ça, pas mal et vous-même, la petite famille très bien, merci beaucoup et puis ils en arrivent à la conversation proprement dite : Premier vieux vieillard : "Très très content de vous voir ... " Second vieux vieillard : "Moi de même, et votre fils toujours aux colonies, comment va-t-il et que fait-il, combien gagne-t-il, de quoi trafique-t-il bois précieux noix de coco, bois des îles?" Premier vieux vieillard (très fier) : "Non, les girafes!" Second vieux vieillard : "Ah parfait, très bien, très bien, les girafes (il tâte l'étoffe du pardessus). Eh! Eh! c'est de la girafe de première qualité, votre fils fait bien les choses ... " A cet instant deux girafes traversent lentement et sans rien dire la place de la Muette, et les deux vieillards font semblant de ne pas les reconnaître, surtout le vieillard au pardessus, il est horriblement gêné et, pour se faire bien voir des girafes, il chante leurs louanges et l'autre vieillard chante avec lui: Choeur des deux vieillards : "Ah! le temps des girafes Refrain: "Mais il reviendra le temps des girafes ... " ... A l'instant même où les deux vieillards annoncent que le temps des girafes va revenir, les deux girafes s'en vont en haussant les épaules. TROISIEME TABLEAU Aux colonies Le fils du vieux vieillard se promène avec un de ses amis, ils ont chacun un fusil. Le fils qui regardait en l'air aperçoit la tête d'une girafe, baisse le regard et voyant la girafe tout entière entre dans une grande colère. Le fils : "Sortez du monde, girafe, sortez, je vous chasse!" Il vise, il tire, la girafe tombe, il met le pied dessus, son ami le photographie... Soudain le fils pâlit: "Quelle mouche vous pique?" lui dit son ami. Le fils : "Je ne sais pas ... " Il lâche son fusil, tombe sur la girafe et s'endort pour un certain nombre d'années, la mouche qui l’a piqué est une mauvaise mouche tsé-tsé... L'ami le voit, comprend, s'enfuit et la grosse mouche mauvaise le poursuit... La girafe est tombée, l'homme est tombé aussi, la nuit tombe à son tour et la lune éclaire la nuit... ... Le fils est endormi, dirait qu'il est mort, la girafe est morte, on dirait qu'elle dort. |
15 juillet 2009
Carotte, oeuf ou café ?
Carotte, oeuf ou café ?
Une jeune femme rendit visite à sa mère et lui dit que sa vie était tellement difficile qu'elle ne savait pas si elle pouvait continuer. Elle voulait abandonner car elle était fatiguée de se battre tout le temps.
Sa mère l'entraîna à la cuisine où elle remplit trois casseroles d'eau qu'elle mit à chauffer à feu vif. Lorsque l'eau commença à bouillir, la mère plaça des carottes dans la première casserole, des oeufs dans la seconde et des grains de café moulu dans la troisième. Elle les laissa bouillir sur le feu sans dire un mot.
Après 20 minutes, elle retourna à la cuisine, sortit les carottes et les posa sur un plat. Elle sortit les oeufs et les plaça dans un bol. Puis elle versa le café dans une carafe. Se tournant vers sa fille, elle dit :
- Dis moi, que vois-tu ?
- Des carottes, des oeufs et du café, répondit sa fille.La femme l'amena plus près et lui demanda de toucher les carottes. La fille les toucha et nota qu'elles étaient molles et souples. La mère lui demanda alors de prendre un oeuf et de le briser. La fille enleva la coquille d'un oeuf et observa qu'il était cuit dur. Finalement, la mère lui demanda de goûter au café. La fille sourit quand elle goûta son arôme riche.
La fille demanda alors :
- Quel est ton message maman ?La mère expliqua :
- Les carottes, les oeufs et les grains de café ont affronté la même situation, l'eau bouillante. Alors pourquoi le résultat produit est-il différent ? Ce qui est important n'est pas la situation, mais la façon dont elle est interprétée et abordée. Les carottes sont entrées fortes, dures et solides. Mais, après l'épreuve de l'eau bouillante, elles sont devenues molles et faibles. L'oeuf était fragile avec l'intérieur liquide. Mais, après être passé dans l'eau bouillante, son intérieur est devenu dur. Quant aux grains de café, ils ont, grâce à l'épreuve, exprimé toute la richesse de leur potentiel et ont réussi à changer l'eau. Que révèleront les épreuves que tu affrontes ? Seras-tu carotte, oeuf ou café ?Anonyme
12 juillet 2009
The Boston Globe est nécessaire au Québec
Reprendre langue avec l'Amérique
La Nouvelle-Angleterre garde nostalgie de son passé francophone. La vente d'hydroélectricité dans cette région est l'occasion pour le Québec de faire revivre cet héritage.
12:54 Publié dans Amériques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, hydro-québec, langue française, etats-unis
19/06/2009
The Boston Globe est nécessaire au Québec
Ou comment on peut avoir besoin de la presse étrangère sans jamais la lire.
Le 3 mai, The Boston Globe publiait deux articles dans ses pages voyage sur le Québec, l'un sur Montréal, l'autre sur Sutton. Le même jour, le propriétaire de ce quotidien, The New York Times Company, menaçait de fermer le Globe s'il n'obtenait pas des syndicats une réduction des salaires. Le Boston Globe est déficitaire et le NYT, lui aussi lourdement endetté, cherche à redresser ses comptes. Il souhaite désormais à vendre ce titre vieux de 137 ans.
Le Globe est loin d'être tiré d’affaires. Mais le Québec a bien failli perdre ce jour-là l'un des relais essentiels à sa diffusion à l'étranger. La publication des deux reportages voyage doit sans doute beaucoup à Tourisme Québec qui a sûrement payé pour le déplacement des journalistes. Le procédé est répandu, et l'indépendance de la presse voyage peut être questionnée, mais il n'en reste pas moins que sans ces voyages organisés la présence du Québec dans la presse étrangère se trouverait largement diminuée.
Le Canada, et le Québec, reste dans l'angle mort de la presse internationale, qui considère à tort qu'il ne s'y passe pas grand-chose. La mièvrerie des papiers tourisme ne changera pas cette attitude, mais au moins des journalistes ont du coup l'occasion de venir au Québec. J'ai déjà eu l'occasion de citer sur ce blog des articles qui voyaient certains clichés tomber, notamment celui qui veut que les Québécois refusent de parler anglais.
Ces voyages de presse ne s'adressent pas qu'au seul Boston Globe, évidemment. Mais pour la Nouvelle-Angleterre, le Québec est un peu plus que ces quelques arpents de neige où l'on parle un français un peu vieillot. Le Québec est un voisin d'où sont partis des immigrants sans qui Jack Kerouac n'aurait pas été américain. C'est aussi un partenaire économique qui s'apprête à éclairer la région avec son hydroélectricité à bas prix et moins polluante que le charbon. Les journaux de la Nouvelle-Angleterre arrivent de ce fait à surpasser certains tics de la presse internationale parce qu'ils sont dans un rapport de proximité avec le Québec. Ils comprennent mieux ses intérêts parce qu'ils leur arrivent de converger avec ceux de la région. Et contrairement aux journaux canadiens-anglais, les quotidiens du nord-est américain jettent un regard dépassionné sur la province. Ils ne font pas de politique lorsqu'ils écrivent sur le Québec.
Cet équilibre entre distance et proximité au contexte québécois est précieux. C'est ce qui permet au Times Union de faire mentir la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure Janet Napolitano. Si elle avait lu ce quotidien d'Albany, dans l'Etat de New York, elle n'aurait pas affirmé en avril que des terroristes profitent de la porosité de la frontière canado-américaine pour s'introduire illégalement aux Etats-Unis. La défense des intérêts québécois est en quelque sorte assurée par le travail de vérification des faits et de contradiction mené par la presse américaine.
Peu de gens à Montréal lisent The Boston Globe. Et pourtant si ce quotidien de référence pour la Nouvelle-Angleterre venait à disparaître, l'émulation journalistique régionale en souffrirait et la collecte de l'information deviendrait plus approximative, alors que ces deux tendances sont déjà bien engagées. Les bloggeurs sont des individus monomaniaques qui creusent un et un seul sujet à dimension locale, ils n'ont pas les moyens de s'intéresser aux relations de voisinage entre deux pays.
06 juillet 2009
Presqu'île de Rhuys
Je m'en vais là !
je prépare les valises et tout ce qu'il faut comme linge de maison! pour la cuisine! les fringues...bref
Pour retrouver ça! Mini SA TENTE! elle rentre quand elle veut le soir, ne me réveille pas et moi je peux ronffler pas fort mais bon! j'ai la paix! là on avait pas monté l'auvent...






